Accueillir
un enfant
porteur de handicap
dans son centre de loisirs

 

 

L'intégration en pratique :

Conseils aux animateurs pour une bonne intégration

Vous allez intégrer un enfant porteur de handicap cet été ?

Vous avez des questions sur le fonctionnement quotidien d' un groupe d'enfants ayant un enfant porteur de handicap en son sein ?

Cette rubrique, construite en coopération avec des animateurs, des directeurs ayant une expérience d'intégration, et des parents d'enfants porteurs de handicap, peut vous aider. Vous trouverez des interrogations types sur le quotidien du centre ou de l'enfant porteur de handicap.

Ces conseils sont indicatifs, chaque cas est particulier, chaque enfant est unique. Soyez ouverts, compéhensifs et n'oubliez pas qu'un enfant porteur de handicap est d'abord un enfant...

N'hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos suggestions.

 

 

Quelques conseils pour commencer...
Conseils pour le premier jour
L'enfant fait une "crise" : que dois-je faire ?
Conseils pour une bonne intégration au quotidien
Comment parler du handicap d’un enfant de mon groupe avec les autres enfants ?
Si l'enfant refuse de participer, ou me dit "non" souvent, comment puis-je gérer cela ?
Les autres enfants se moquent, comment réagir ?
Il a fait une betise exprès. Dois-je le punir ?
J’ai des soucis avec les autres parents : des remarques, des allusions…je ne sais comment faire
L’enfant a fait une bétise, et les parents culpabilisent

 

Quelques conseils pour commencer...

 

Pour une bonne intégration, partons sur de bonnes bases...

  • Il est normal que les "différences" angoissent, ou fassent peur. Bien intégrer, c'est d'abord se dire qu'on a le droit d’avoir peur, d’avoir des émotions, le tout est de les gérer, d’en parler, en particulier avec les parents. Surtout ne pas les bloquer !!
  • L'important, et la clef est de communiquer. La communication avec les parents (et bien sûr, dans la mesure du possible, l'enfant) est primordiale. Allez vers les parents, posez leur des questions, ils sont les seuls à savoir le mieux ce qu’il faut faire.
  • Une des choses les plus importantes est également d'établir une relation de confiance avec l’enfant – cela permet de gérer le quotidien, les peurs, les colères, les relations avec les autres enfants…pour cela, le respect du rythme de l’enfant, et une connaissance approfondie de qui il est en tant que personne (ses goûts, ses peurs, ses joies...) vous sera d'une grande utilité.
  • Gardez en mémoire qu'on ne connaît jamais tout, et que l'on apprend tout le temps...

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Conseils pour le premier jour

     

    Observez au maximum l’enfant dans ses jeux, ses comportements, sans intervenir trop, puisqu’il ne vous connaît pas.

  • Ne le contredisez pas, contrariez le le moins possible, pour qu’il y ait le moins de tension possible entre vous
  • Cadrez tout de suite son environnement : l’enfant doit comprendre qu’il doit rester près de vous (c'est à dire dans le groupe, que vous puissiez le voir ; n’oubliez pas de verbaliser le plus possible), qu’il doit apprendre les règles de la vie en groupe, et les règles élémentaires de sécurité.

    Les règles de vie doivent être mises en place tout de suite. Les enfants autistes ont, autant que les autres enfants, mais peut-être plus, la capacité à sentir les « failles » dans votre attitude d’animateur. Il vous testera donc au début, comme tout enfant. Prenez-le en compte !
  • Soyez attentif, certains enfants autistes n’aiment pas le contact physique ; soyez vigilants, notamment d’après la fiche d’autonomie remplie par les parents.
  • Pensez à l’attirer par des choses qu’il aime afin de prendre contact, et pour le mettre en confiance : musique, ou autre, mais sans entrer dans l’excès ;
  • Surtout ne pas faire du « rentre dedans » : se mettre dans le champ visuel de l’enfant en faisant une activité, se proposer à l’enfant, ne rien imposer.

    Pensez à doser votre attitude, restez vigilant, et la confiance viendra petit à petit !


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L'enfant fait une "crise" : que dois-je faire ?

 

Il n’y a pas de « crise » type. Sachez que vous ne pouvez pas tout prévoir, mais au moins anticiper pour que l’enfant se trouve au mieux au long de sa journée, cela évitera les problèmes.

  • Garder son calme, ne pas avoir peur
  • Chercher la cause de la crise (il y en a toujours une) : que faisait-il juste avant la crise ? est-il contrarié ? en colère ? a-t-il mal ? peur ? manifeste-t-il une souffrance ?

    N’oubliez pas qu’un enfant porteur de handicap reste un enfant avec ses émotions ;
  • Mettez en sécurité l’enfant : d’abord en l’éloignant des autres, en mettant une distance avec le groupe ; ensuite en lui parlant, en communiquant le plus possible : « tu t’es fait mal ? as-tu chaud, soif ? es-tu en colère ? ».

    Il est très important que l’enfant se sente rassuré. Pour cela, une relation de confiance préalable est indispensable.
  • Valorisez l’enfant et faites lui comprendre que vous avez saisi son message en reformulant : « j’ai compris que tu n’étais pas content car… ».
  • Calmez l’enfant – pour cela, vous pouvez utiliser vos connaissances de l’enfant sur ce qui le calme, mais un verre d’eau, un calin...
  • Rassurez les autres enfants (coordonnez-vous si vous êtes plusieurs animateurs)

    N’oubliez pas que toute crise a une cause, et qu’elle peut être une manière pour lui d’exprimer quelque chose. Si certaines crises peuvent être violentes, elles s’apaisent vite.

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    Conseils pour une bonne intégration au quotidien

 

  • Adaptez-vous dans la mesure du possible à l'enfant, notamment au niveau de la vie pratique : il vaut mieux, pour un enfant qui ne fait pas pipi sur les toilettes, amener son pot au centre, plutôt que de le laisser se retenir toute la journée...idem pour tout ce qui est de ses repères, ses doux doux...
  • Verbalisez : expliquez toujours le « pourquoi » des choses, par exemple : « je ne veux pas que tu manges la pâte à modeler, car cela est dangereux »
  • Soyez attentifs à vos « failles » en tant qu’animateur, et en tant que personne, à vos faiblesses et vos défauts : les enfants sauront en tirer parti, parfois à vos dépens… !
  • Soyez attentifs à leur mode de communication différent : apprenez à connaître l’enfant dans ses colères, ses joies ; sachez également qu’ils sauront – qu’ils sentiront - bien plus facilement qu’un autre enfant vos émotions, vos colères ou vos peurs. Sachez donc les accepter et les gérer, et non les refouler, cela vous permettra de mieux vivre avec l’enfant…et avec votre groupe en général.
  • Apprenez à connaître le mieux possible l’enfant, ses tics de langage, ses habitudes, ce qu’il aime, pour que vous soyez le moins surpris possible et pour que vos relations soient empreintes de confiance.

    Par exemple, certains enfants ayant un trouble de comportement peuvent confondre les pronoms, et dire souvent le « tu » à la place du « je » : si cet enfant vous dit "tu as soif", c'est peut-être lui qui a soif !
  • Sachez poser des limites, des règles de vie, mais tout en restant patient ;
  • Rassurez le plus possible, donnez le plus de repères possible à l’enfant, ne pas le stresser surtout.
  • Soyez attentifs en équipe : les règles doivent être les mêmes quelque soit l'animateur : comme n'importe quel enfant, un enfant porteur de handicap a besoin d'un cadre rassurant qui soit le même à tout moment de la journée et avec toute l'équipe. Soyez les plus "linéaires" possibles dans ce que vous imposez et ce que vous permettez, ceci est primordial.
  • Ayez de l'humour...! Les enfants sont en loisirs, ils ont besoin de se détendre et de rire !


    Sachez que tout le monde peut faire des erreurs, comme pour tout enfant ! Ne culpabilisez pas, communiquez le plus possible avec l’enfant et ses parents, c’est sans doute la clef de la meilleure intégration.

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    Comment parler du handicap d’un enfant de mon groupe avec les autres enfants ?

  • Expliquez les faits, sans jugement, de manière normale, non discriminante ; en le faisant simplement, vous accentuez les chances pour que les enfants le prennent eux aussi simplement ;
  • Expliquez le handicap de manière pratique : ce qu’il implique, pourquoi il a ce handicap (c’est de naissance, c’est un accident, c’est génétique…), ce que cela fait pour les activités (il ne peut pas parler comme toi, mais il comprend ; il ne peut pas jouer au foot comme toi, mais il peut faire d’autres activités…)
  • Le handicap doit être expliqué comme une différence normale : n’oubliez pas qu’entre une personne qui porte des lunettes (qui est donc mal-voyante) et une personne aveugle, ce n’est qu’une différence de degré ! Idem entre un bras cassé et un bras paralysé…
  • Surtout le handicap ne doit pas être tabou, ce qui ne signifie pas n’avoir aucune pudeur. Sachez que les enfants seront de toute manière intrigués par cet enfant ; ne rien dire risque d’entrainer méconnaissance, donc moqueries ou discriminations. Ce qui est l’objectif inverse de l’intégration.
  • Mettez le plus possible les enfants en contact : permettez leur de s’entraider, de connaître mieux les possibilités et les impossibilités de l’enfant…ils se feront un plaisir d’aider, de se rendre utiles…
  • Pour approfondir cette idée d’entraide, les jeux coopératifs peuvent être une bonne manière d’engager la solidarité entre les enfants. Vous souderez votre groupe, et tous en profiteront.

    Une malle « jeux coopératifs » est à disposition aux Francas ; vous pouvez également regarder dans la rubrique « jeux coopératifs » du site des Francas 54 : des jeux vous y dont proposés, ainsi que des liens sur d’autres sites (Non-violence actualité par exemple).


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Si l'enfant refuse de participer, ou me dit "non" souvent, comment puis-je gérer cela ?

 

 

S’il s’agit d’une règle de sécurité, ou si l’enfant se met en danger en vous désobéissant :

  • Soyez intransigeants, et ne cédez pas !

Dans les autres cas (il refuse de participer à une activité par exemple) :

  • Ne pas se mettre en colère, ni s’opposer immédiatement à l’enfant ; le laisser un moment ;
  • Puis essayez un peu plus tard, ou faites l’activité dans son champ de vision ; voir faire peut lui donner envie de faire ; essayez de « vendre » votre activité ou ce que vous aimeriez qu’il fasse ;

  • Essayez dans tous les cas de contourner, de détourner le problème, d’essayer autre chose, pour ne pas que vous vous opposiez une volonté contre une autre.

 

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Les autres enfants se moquent, comment réagir ?

 

 

  • Dire que l’on est pas d’accord, manifester sa désaprobation
  • Réexpliquer les faits s’il le faut (voir le conseil : parler du handicap aux autres enfants)
  • Parler aux parents des enfants qui se moquent, pour qu'ils prennent eux aussi le relais, et vous soutiennent ;
  • Amener l’enfant qui se moque, plus tard, à prendre contact avec l’enfant porteur de handicap de manière différente : par exemple en l’aidant, dans une sorte de « tutorat »
  • Surtout ne pas amener de punition ni de réparation – à moins que l’affaire soit grave ; cela risquerait d’isoler l’enfant porteur de handicap.



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Il a fait une bétise exprès ; dois-je le punir ?


 

Par exemple : l'enfant a déchiré un livre du Centre volontairement.

  • Assurez-vous qu’il a bien fait cette betise volontairement, pour ne pas commettre d'injustice ;
  • Verbalisez le fait que vous n’êtes pas d’accord, rappelez les règles. Pensez surtout à ne pas le disputer, mais à parler, à expliquer.
  • Essayez si vous le pouvez de comprendre pourquoi : est-ce pour attirer votre attention ? Pour exprimer une colère ? Par pure provocation ? Cela vous renseignera sur le bien-être de l’enfant, son ressenti.
  • Parlez-en aux parents ; si ceux-ci sont prêts, vous pouvez engager ensemble une démarche de réparation, comme pour n'importe quel enfant. Expliquez que cela peut être bénéfique pour lui.

    La réparation doit avoir un sens pour l’enfant (par exemple, remplacer le livre qu’il a déchiré par un autre de sa bibliothèque, et non pas racheter le livre sans que l’enfant n’aie aucune conscience de la réparation)


    Le handicap n’excuse pas tout. Les enfants porteurs de handicap ont besoin aussi d’être stimulés, et exiger une réparation pour une betise faite exprès est aussi une manière de les considérer comme des personnes.


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J’ai des soucis avec les autres parents : des remarques, des allusions, je ne sais comment faire


 

  • Dans tous les cas, il est important d’anticiper : dans la réunion de préparation du séjour ou de l’année, il faut signaler que vous serez amenés à intégrer un enfant porteur de handicap. Les questions pourront surgir à ce moment là, et les éventuelles réticences s’exprimer.
  • Dans le cas contraire, ce n’est pas à vous animateur de gérer cela. Renvoyez le problème au directeur/trice qui gérera, notamment grâce au projet pédagogique, et au projet éducatif qui doivent normalement stipuler l’objectif d’intégration, et que les parents doivent connaître. Sinon, sachez que la loi oblige l’intégration depuis 2005 (voir la rubrique « lois » sur ce site)

Sachez que ce cas est rare, mais qu'il arrive encore, malheureusement.

 

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L'enfant a fait une bétise et les parents culpabilisent

 

 

Si les parents ont souhaité une intégration en centre de loisirs, c’est qu'ils acceptent que l’enfant se confronte à la vie de groupe. Une bétise peut faire partie de cette vie de groupe...!

  • Rassurez les parents : il est normal qu’un enfant fasse des betises, exprès ou non !
  • Invitez les parents à ce que l’enfant répare ses betises volontaires ;
  • Invitez-les à ne pas culpabiliser, ni dramatiser
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Pour tout autre conseil ou difficulté, vous pouvez encore vous former, contacter des associations de parents, des animateurs ayant un peu d'expérience.